Francoise Chaput
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Qu'est-ce-que l'archéozoologie?
Une étude archéozoologique
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QU'EST-CE-QUE L'ARCHEOZOOLOGIE ?


L'archéozoologie est l'étude des ossements animaux (oiseaux, mammifères, reptiles, poissons...) que l'on retrouve lors de fouilles archéologiques. Cette spécialisation se différencie ainsi de la paléontologie au sens strict du terme, car les ossements étudiés ont été en relation (directe ou indirecte) avec les êtres humains.

Le matériel d'étude est constitué par des fragments osseux, mais il peut aussi être constitué de momies, très rarement de restes de coquilles d'œufs, de coprolithes (excréments fossilisés), de bois de cervidés, de mollusques etc. On peut retrouver ces restes animaux dans des structures très variées. Il peut s'agir de sépultures (cimetières animaux ou cimetières humains avec offrandes alimentaires), de fosses-dépotoires dans un village, du remplissage d'un puits ou de bien d'autres choses encore.

Les ossements qui intéressent l'archéozoologue sont ceux qui correspondent à l'histoire de l'homme, entre le paléolithique inférieur et l'époque moderne. Ils recouvrent ainsi toute la période du Quaternaire.

Les buts d'une étude archéozoologique

L'étude des restes osseux en provenance de fouilles archéologiques reste malheureusement encore trop souvent secondaire par rapport à l'étude d'autres mobiliers archéologiques. Pourtant une étude archéozoologique permet de découvrir maintes facettes de la vie des hommes préhistoriques.

Un archéozoologue est un spécialiste qui se trouve à la frontière entre la biologie et l'archéologie. Et le côté "archéologique" - à savoir la reconstitution du passé - est bien souvent beaucoup plus important que le côté „biologique“, ce que de nombreux archéologues semblent oublier.

A partir de données purement scientifiques (anatomie comparée, biométrie...), l'archéozoologue peut répondre à toute une série de questions qui concernent la vie de tous les jours des hommes du passé.

La reconstitution du climat et du milieu environnant

Les animaux sont, pour la plupart des espèces, liés à un environnement particulier. Une bonne connaissance de la zoologie est donc indispensable, même si la connaissance des animaux actuels ne permet pas de transférer sans ambiguïté leur mode de vie dans le passé. Les restes animaux permettent, en grande partie, de reconstituer les formations végétales, l'ensoleillement ou les températures qui ont régné sur un lieu à une époque donnée.

Aujourd'hui, la faune de mammifères ouest-européenne ne possède plus les grands espèces liées à de grands espaces, mais ce ne fut pas toujours le cas. L'antilope saiga (Saiga tatarica), la seule antilope eurasiatique, vivait en Bourgogne il y a environ 50 000 ans, et le renne (Rangifer tarandus) était présent dans le sud-ouest de la France jusqu'à la fin des temps glaciaires.

Les données paléo-écologiques concernant les mammifères domestiques sont plus délicates. Tout au plus, peut-on dire que le porc est plutôt lié à un milieu boisé, alors que les moutons sont plutôt rattachés à la lande. Par contre, ce qui fournit d'excellentes informations, c'est l'étude des rongeurs et des insectivores qui ont toujours des exigences climatiques très particulières.

Quelle a été l'utilisation des animaux ?

Une société n'exploite jamais toutes les espèces animales disponibles, ni tous les produits dérivés ou les services que ces espèces sont en mesure de fournir. Elle opère un choix qui va dépendre de la forme de la société elle-même (tabou alimentaire, religion, choix économique, contraintes géographiques...). Les animaux sont exploités alors qu'ils sont vivants (lait, laine, animal de bât ou de trait...) ou bien lorsqu'ils sont morts (viande, tendons, peau...).

L'archéozoologue doit reconnaître le rôle qu'ont eu les animaux d'un cheptel.

Comment le cheptel a-t-il été contrôlé ? Les données zootechniques concernant les animaux domestiques.

La zootechnie est l'ensemble des techniques visant à améliorer ce que les animaux peuvent apporter à l'homme. Ainsi, le contrôle de la reproduction des animaux, leur alimentation, leur protection sont autant de mesures qui consistent à augmenter la productivité d'un troupeau. Le regroupement des mises-bas lors d'un intervalle de temps qui peut être relativement court exige une bonne maintenance des mâles reproducteurs (meilleure alimentation et soin particulier), la surveillance de la gestation des femelles, le suivi des jeunes animaux et leur sevrage. Ces différentes données peuvent être mises au jour par une étude archéozoologique.

Données sur l'état sanitaire d'un troupeau.

Les pathologies osseuses, la forte mortalité des animaux jeunes, la façon dont les animaux étaient traités par l'homme sont mises en évidence par le spécialiste. L'état de santé d'un troupeau reflète le soin apporté aux animaux, et témoigne ainsi du niveau socio-économique des éleveurs.

Le morphotype des animaux

Par morphotype des animaux, on entend la taille des animaux, mais aussi leur gracilité ou, au contraire, leur robustesse. On détermine le morphotype des animaux à l'aide de mesures.

Données taphonomiques et de conservation différentielle

La présence d'ossements dans un endroit donné a toujours une cause. Dans un site archéologique, l'agent principal de la présence d'ossements est l'homme, mais pas toujours. Par exemple, dans une groote où les occupations humaines et animales (lions, hyènes des cavernes...) se sont succédées, les choses sont plus difficiles à cerner. L'archéozoologue va donc devoir faire un tri.

Les animaux compétiteurs de l'homme, notamment les carnivores ont pu ramener des carcasses entières ou partielles sur le site. De même, les animaux vivants aux alentours du site, ont pu fréquenter le site et y mourir. Les animaux intrusifs récents (blaireau, renards...) peuvent également perturber un assemblage osseux.

Par ailleurs, les ossements d'un même animal n'ont pas les même chances de survie au cours du temps. Certains disparaîtront facilement alors que d'autres resteront dans le sol jusqu'à leur découverte. L'archéozoologue doit reconnaître le pourquoi de la présence / absence de tel ossement. Cela constitue l'étude taphonomique.

L'étude de la taphonomie est primordiale et permet de cerner le véritable rôle des populations préhistoriques dans l'accumulation des vestiges osseux.

Outre ces données, de nombreuses autres réponses peuvent être élucidées. Elles vont dépendre de la nature du site archéologique, de sa datation, du contexte historique pour les sites les plus récents et de bien d'autres facteurs.

Chaque gisement amène une multitude de questions que l'archéozoologue peut clarifier. J'ai choisi de mettre un résumé de plusieurs sites que j'ai étudiés dont le contexte, la datation et la problématique sont variés. On pourra ainsi se faire une idée de la diversité des réponses apportées par l'archéozoologie. Si vous voulez en savoir plus, cliquez ici.